Colloque ART-CORPS-CERVEAU
ARTICLE DE PRESSE NICE-MATIN _9 septembre 1992
Le Colloque, audacieux mélange des genres et des hommes : sa réussite
dépassa les attentes
« Des amateurs qui croient à une idée mais pas à la difficulté de
la réaliser » telle est selon le Dr CHARBIT, président de l’Association
des Amis de l’espace de l’art concret, la prescription pour réussir à rassembler
une cinquantaine d’intervenants parmi les plus remarquables dans leur spécialité
et pas loin d’un millier d’auditeurs. Eminents médecins , artistes renommés,
historiens ou philosophes faisant autorité s’étaient en effet donnés rendez-vous
trois jours durant au château : tous surent être brillants sans ostentation.
Leur débat : le corps tel qu’il apparaît et marque les arts, à travers
les siècles, tel qu’il est, peu à peu dévoilé par la recherche médicale. Leur
public : le plus divers qui soit, uni par un même intérêt.
L’homme était au centre de ces rencontres, l’homme dans ce qu’il a de meilleur,
de pire aussi, mais transcendé alors dans la création.
La dernière journée fut un festival. Le Pr. Pierre BUSTAGNY, après un exposé
remarquable la veille sur l’attitude des sociétés face aux maladies, réussit
le tour de force de rendre limpide aux non initiés, l’état des recherches
sur la localisation dans le cerveau des apprentissages. « Une mobilisation
qui est moindre quand s’accroît l’habitude du geste », contrairement
donc à l’effort musculaire.
Le sculpteur ARMAN, avec humour, avait précédé le médecin ; le professeur
d’histoire de l’art, Christian LOUBET, lui succéda avec verve évoquant l’influence
du peintre Bellmer sur les surréalistes.
Puis on passa aux hiéroglyphes égyptiens, le corps y indique la notion de
mouvement
et le Dr POLYDOR se plut à évoquer les cocasses images messages
d’aujourd’hui : les panneaux de signalisation. Corps cosmique avec
Jean FORNERIS et l’œuvre picturale de l’italien ARCIMBOLDO fondée
sur une pensée néo-platonicienne…
Un étonnant voyage à travers les connaissances humaines et les œuvres du
paléolithique au XX eme siècle, servi par l’enthousiasme des orateurs
et
leur érudition.